Tumorectomie

Une tumorectomie (ou traitement conservateur du sein) est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer une tumeur tout en conservant la majeure partie du sein.
Dans le cadre d’un cancer du sein, cette intervention peut vous être proposée dans certaines indications en alternative à l’ablation du sein (mastectomie). Dans ce cas, elle sera presque toujours suivie d’une radiothérapie.
Même ci cet article est consacré aux tumorectomies pour cancer du sein, il est important de noter qu’une tumorectomie peut également être réalisée afin de retirer tumorectomie une tumeur bénigne telle qu’un adénofibrome. Dans ce cas, bien entendu, aucune radiothérapie complémentaire ne sera nécessaire.

Principes

  • Grace à plusieurs grandes études scientifiques dont le recul est de plus de 20 ans, il est aujourd’hui clairement prouvé que, dans certaines indications, une tumorectomie (chirurgie conservatrice du sein) associée à de la radiothérapie post opératoire est aussi efficace qu’une mastectomie (ablation du sein). Cette technique chirurgicale est utilisée en France depuis les années 1960 et représente aujourd’hui le standard pour les petits cancers du sein. Dans ce domaine, il faut saluer la qualité de la médecine française qui a deux décennies d’avance sur les Etats-Unis.
  • La tumorectomie consiste donc à retirer la tumeur avec une marge de tissu sain autour de cette tumeur tout en épargnant le reste du sein. Elle est proposée aux femmes présentant une tumeur unique (ou 2 foyers tumoraux proches l’un de l’autre), de petite taille par rapport au volume globale du sein.
  • Elle présente l’immense avantage de conserver le reste du sein ainsi que l’aréole (sauf dans le cas de certaines tumeurs situées justes derrière l’aréole). Enfin, selon sa localisation, sa taille et le volume du sein, elle peut être associée à des techniques de chirurgie plastique permettant d’utiliser la glande restante pour combler le défect créé par la tumorectomie (chirurgie onco-plastique). Ainsi, grâce à ces techniques d’oncoplastique, l’harmonie et l’esthétique du sein peuvent être préservées au maximum.
  • Lorsque la tumeur du sein n’est pas palpable par le chirurgien avant l’intervention, un repérage préopératoire de la lésion est réalisé par un radiologue spécialiste du sein. Il repère la tumeur à l’aide d’une mammographie ou d’une échographie, puis il y insère un petit guide métallique sous anesthésie locale. Ce guide permet ensuite au chirurgien de retirer la tumeur avec des marges de tissu sain périphérique même s’il ne parvient pas à la palper. Pendant l’opération, une radiographie de la zone retirée pourra éventuellement permettre de confirmer que la tumeur a bien été enlevée.
  • Enfin, en fonction du type de cancer, une tumorectomie peut être associée à un geste chirurgical ganglionnaire (ganglion sentinelle ou curage axillaire)

Intervention

  • Elle se déroule sous anesthésie générale et dure entre trente minutes et deux heures en fonction de l’utilisation de techniques oncoplastiques et de la nécessité d’un geste ganglionnaire associé.
  • Une fois la tumeur retirée, elle est transmise au laboratoire d’anatomopathologie afin d’y être analysée.
  • L’emplacement de la (ou des) cicatrice(s) est très variable en fonction de la localisation de la tumeur, du volume du sein et de la nécessité de remodeler le sein (oncoplastique). Ces réponses vous seront données par votre chirurgien avant l’intervention.
  • Un drain aspiratif peut être mis en place afin d’éviter la formation d’un hématome mais ceci n’est pas systématique.

Suites opératoires

  • La durée d’hospitalisation varie en fonction de la durée de l’intervention et de la réalisation concomitante d’un geste chirurgical ganglionnaire. Pour une tumorectomie simple, elle est de 24 heures.
  • Lorsqu’il a été mis en place, le drain est généralement retiré le lendemain de l’intervention.
  • Le pansement est également refait le lendemain de l’intervention.
  • Les suites sont généralement peu douloureuses. En cas de douleurs plus importantes, le traitement antalgique est bien entendu adapté.
  • Dès votre retour à domicile, vous pouvez vous doucher et laver les cicatrices avec de l’eau et du savon. Généralement, aucun soin particulier n’est demandé et l’aide d’une infirmière est inutile dans la majorité des cas.
  • En cas de technique oncoplastique, votre chirurgien peut vous demander de porter un soutien gorge sans armature à ouverture ventrale type brassière de sport pendant trois à quatre semaines.

Complications

Comme toutes interventions chirurgicales, il existe des risques de complications. Les complications spécifiques des tumorectomies sont :

  • Hématome, toujours possible même lorsqu’un drain est mis en place. En cas de volume important, il peut parfois nécessiter une évacuation au bloc opératoire.
  • Infection, très rare mais toujours possible également. En cas d’abcès, une évacuation au bloc opératoire peut également s’avérer nécessaire.
  • Une cytostéatonécrose. Il s’agit d’une nécrose d’une zone de glande mammaire. Cette complication rare peut se voir après les techniques d’oncoplastique.
  • Une « reprise chirurgicale ». En effet, dans un faible pourcentage de cas, l’analyse histologique de la tumeur peut révéler que les marges de la zone retirée ne sont pas saines. Dans ce cas une deuxième intervention peut être nécessaire afin de retirer de nouvelles marges de glande mammaire. Les reprises chirurgicales sont rares et concernent principalement les tumeur non palpables repérées par un harpon métallique avant l’intervention. En effet, ce harpon peut se déplacer légèrement dans le sein entre le repérage et l’intervention.
  • Enfin, en cas de déformation résiduelle du sein, votre chirurgien pourra vous proposer différentes techniques de chirurgie plastique afin de corriger au mieux ces déformations.