Réduction mammaire

Définition

  • L’hypertrophie mammaire est définie par un volume des seins trop important, notamment par rapport à la morphologie de la patiente. Cet excès de volume est en général associé à un affaissement des seins (ptose mammaire) et parfois à un certain degré d’asymétrie.
  • L’hypertrophie mammaire implique presque toujours un retentissement physique et fonctionnel (douleurs du cou, des épaules et du dos, gêne pour la pratique des sports, difficultés vestimentaires). Il existe aussi fréquemment un retentissement psychologique notable. Ces troubles justifient la prise en charge par l’assurance maladie sous certaines conditions.
  • Une plastie mammaire pour hypertrophie peut être effectuée à partir de la fin de la croissance et au-delà, pendant toute la durée de la vie.
  • Une grossesse ultérieure est bien évidemment possible, mais on conseille d’attendre au moins six mois après l’intervention, l’allaitement n’est pas toujours possible secondairement.
Réduction mammaire

Hypertrophie mammaire

Réduction mammaire

Réduction mammaire

Principes du traitement

  • L’intervention réalise l’ablation du tissu glandulaire en excès. On conserve un volume en harmonie avec la silhouette de la patiente et conforme à ses désirs. Ce volume glandulaire résiduel est ascensionné, concentré et remodelé.
  • Il faut ensuite adapter l’enveloppe cutanée, ce qui impose de retirer la peau en excès de manière à assurer une bonne tenue et un bon galbe aux nouveaux seins. Les berges de la peau ainsi découpées sont alors suturées : ces sutures sont à l’origine des cicatrices.
  • L’anesthésie est générale.
  • Une hospitalisation de 1 à 3 jours est habituellement nécessaire.

Cicatrices

  • Souvent ces cicatrices ont la forme d’un T inversé avec trois composantes : péri-aréolaire au pourtour de l’aréole entre la peau brune et la peau blanche, verticale, entre le pôle inférieur de l’aréole et le sillon sous-mammaire, horizontale, dissimulée dans le sillon sous-mammaire.
  • Parfois, notamment lorsque l’hypertrophie et la ptose sont modérées, on peut réaliser une méthode dite « verticale » qui permet de supprimer la cicatrice transversale dans le sillon sous-mammaire et de réduire la rançon cicatricielle à ses composantes péri-aréolaire et verticale.

Suites

  • Les suites opératoires sont en général peu douloureuses, ne nécessitant que des antalgiques simples.
  • Un gonflement (oedème) et des ecchymoses (bleus) des seins, ainsi qu’une gêne à l’élévation des bras sont fréquemment observés.
  • Le premier pansement est retiré au bout de 48 heures et remplacé par un pansement plus léger.
  • La sortie a lieu 1 à 3 jours après l’intervention, puis la patiente est revue en consultation deux à trois jours plus tard.
  • On met alors en place un soutien-gorge assurant une bonne contention. Le port de ce soutien-gorge est conseillé pendant environ un mois, nuit et jour, au décours de l’intervention.
  • Les fils de suture, s’ils ne sont pas résorbables, sont retirés entre 8 et 20 jours après l’intervention.
  • Il convient d’envisager une convalescence et un arrêt de travail d’une durée de 8 à 15 jours.
  • On conseille d’attendre un à deux mois pour reprendre une activité sportive.

Résultat

  • Il ne peut être jugé qu’à partir d’un an après l’intervention : la poitrine a alors le plus souvent un galbe harmonieux, symétrique ou très proche de la symétrie, et naturel.

Complications

  • Les accidents thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire) sont très rares. Des mesures préventives rigoureuses doivent en minimiser l’incidence : port de bas anti-thrombose, lever précoce, éventuellement traitement anti-coagulant.
  • La survenue d’une infection nécessite un traitement anti¬biotique et parfois un drainage chirurgical.
  • Un hématome peut nécessiter un geste d’évacuation.
  • Un retard de cicatrisation peut parfois être observé, qui allonge les suites opératoires.
  • Une nécrose de la peau ou de la glande, en fait rarement observée avec les techniques modernes, peut être respon¬sable d’un retard de cicatrisation (le risque en est très accru par l’intoxication tabagique).
  • Des altérations de la sensibilité, notamment mamelonnaire, peuvent être observées, mais la sensibilité normale réapparaît le plus souvent dans un délai de 6 à 18 mois.
  • Surtout l’évolution des cicatrices peut être défavorable avec la survenue de cicatrices hypertrophiques voire chéloïdes, d’apparition et d’évolution imprévisibles, qui peuvent compromettre l’aspect esthétique du résultat et requièrent des traitements locaux spécifiques souvent longs.