Curage axillaire

Le curage axillaire est une intervention qui consiste à enlever et faire analyser les ganglions de la région axillaire (aisselle). Cette opération est indiquée dans certaines formes de cancer du sein, après recherche du ganglion sentinelle ou non. De façon non exhaustive, le curage axillaire est indiqué pour les tumeurs infiltrantes du sein de plus de 3 cm et pour les ganglions sentinelles positifs.
Son intérêt est pronostic (état d’avancement de la maladie), mais permet également d’adapter au mieux la prise en charge de la maladie par d’éventuels traitement associés (chimiothérapie…)

Principes

  • Par l’intermédiaire des canaux lymphatiques, les cellules tumorales de certains cancer du sein peuvent gagner les ganglions de l’aisselle. Ces ganglions sont contenus dans une atmosphère cellulo-graisseuse comprise entre différents éléments anatomiques de l’aisselle que le chirurgien doit reconnaître afin de les préserver. Une fois ces éléments repérés et épargnés, le chirurgien retire la graisse de l’aisselle qui contient les ganglions. Le nombre de ganglions est variable d’une personne à l’autre mais se situe généralement entre 10 et 20.
  • Le curage est ensuite envoyé au laboratoire d’anatomopathologie où chaque ganglion est étudié au microscope afin de voir si certains sont envahis par le cancer. L’étude anatomopathologique de ce curage permettra à l’oncologue d’établir la meilleure stratégie thérapeutique et de décider de la nécessité ou non d’un traitement adjuvant (chimiothérapie).
  • Tous les cancers du sein ne bénéficient pas de curage ganglionnaire. En effet, les tumeurs « in situ » ou non infiltrantes ne présentent pas d’invasion lymphatique et ne nécessitent donc pas de curage. De même, les tumeurs infiltrantes de petite taille peuvent bénéficier de la technique du ganglion sentinelle. Cette technique consiste à retirer uniquement le premier ganglion de la chaine axillaire, le faire analyser (souvent pendant l’intervention), et réaliser un curage seulement s’il est atteint par la maladie.

Intervention

  • Elle est réalisée sous anesthésie générale et dure entre 30 minutes et 1 heure.
  • En cas de mastectomie associée, le curage est réalisé par la même incision (opération de Patey). En revanche, si le curage est associé à une tumorectomie, il nécessite une deuxième incision longitudinale dans l’aisselle (environ 5 centimètres).
  • Avant la fermeture, un drain aspiratif est placé dans l’aisselle afin de recueillir les saignements résiduels ainsi que les sécrétions lymphatiques. Un pansement compressif est également réalisé de façon à éviter la formation d’un hématome.

Suites opératoires

  • Le pansement est refait au deuxième jour après l’opération.
  • Le drain est laissé en place jusqu’à ce que le débit des sécrétions diminue (entre 3 et 10 jours).
  • Les suites opératoires sont généralement peu douloureuses. En cas de douleurs plus importantes, des antalgiques adaptés vous seront bien entendu prescrits.
  • La durée d’hospitalisation est comprise entre 2 et 5 jours selon le rétablissement de la patiente. Il est possible que votre chirurgien vous propose de sortir avec le drain. Dans ce cas, vous serez revue en consultation afin de surveiller son débit et de le retirer lorsque le moment sera venu.
  • Aucun soin particulier n’est recommandé sur la cicatrice. Il vous sera demandé de la laver avec de l’eau et du savon et de coller un simple pansement sec dessus pour une durée de dix jours. Habituellement, ces soins sont réalisés par la patiente elle-même dès sa sortie.
  • Des séances de kinésithérapie (rééducation de l’épaule et drainage lymphatique) vous seront prescrites dès l’ablation du drain.

Complications

Comme toute intervention chirurgicale, le curage ganglionnaire axillaire est susceptible de présenter des complications :

  • Modification (voire abolition) de la sensibilité de la face interne du bras liée à une lésion des nerfs sensitifs traversant la zone du curage. Cette modification peut être transitoire ou définitive.
  • Lymphorrhée ou lymphoecèle. Il s’agit de la formation d’une poche de lymphe dans l’aisselle après l’ablation du drain. Cette complication est indolore mais peut nécessiter la réaliser d’une ponction en consultation afin de l’évacuer.
  • La formation d’un hématome est toujours possible, même avec le drain. Si son volume est important, il peut être nécessaire de l’évacuer au bloc opératoire. Une infection, avec possibilité de formation d’un abcès pouvant également nécessiter son évacuation au bloc opératoire.
  • Raideur de l’épaule. C’est pour prévenir au mieux cette raideur que des séances de rééducation par un kinésithérapeute vous seront prescrites dès l’ablation du drain.
  • Lymphoedème (gros bras). Il s’agit d’un gonflement important du bras lié à une stase de la lymphe qui ne se draine plus dans les ganglions de l’aisselle. Selon les études, sa fréquence est estimée entre 2 et 20 %, et il apparaît généralement entre le 5ème et le 24ème mois. Son traitement repose sur la kinésithérapie avec drainages lymphatiques et le port de vêtements compressifs.