Cancer du sein : le dépistage en recul

Pour la première fois depuis la généralisation du dépistage organisé il y a sept ans, le nombre de femmes dépistées est en baisse. L’Institut de veille sanitaire (INVS) a rendu publics hier les chiffres de 2009-2010. Ils révèlent que 4,6 millions de femmes se sont fait dépister, contre 4,7 millions sur la période 2008-2009, soit 52 % seulement des femmes de 50 à 74 ans concernées.

Le dépistage est la première arme contre le cancer

«Un signal fort», pour Nora Berra, secrétaire d’Etat à la Santé, dont l’objectif est d’atteindre le cap des 70% de femmes dépistées d’ici à deux ans. «Pourtant, prévient Jérôme Viguier, responsable du département dépistage de l’Institut national du cancer (Inca), en dépit des progrès thérapeutiques, le dépistage reste la première arme contre le cancer.»

Dépistée tôt, la patiente s’épargne mutilation, rayons et chimiothérapie. Parmi les freins, la peur arrive en tête. «Se mobiliser pour le dépistage, c’est pour beaucoup risquer d’attraper le cancer», analyse Nora Berra. Le vieux fantasme est toujours d’actualité, de même que «la confusion entre diagnostic et dépistage, tenace», selon Jérôme Viguier. Autant peut-être que les disparités socioéconomiques. Les femmes en situation de précarité demeurent sourdes aux messages de prévention, tandis que les plus aisées privilégient la relation avec leur gynécologue à travers le dépistage individuel.

« La double lecture est systématique »

Un paradoxe alors que le dépistage généralisé est non seulement gratuit, mais offre l’avantage d’une double lecture systématique. Un point non négligeable lorsqu’on sait que 7% des cancers échappent à une première lecture. Aussi, les pouvoirs publics comptent-ils sur les proches pour favoriser le passage à l’acte. «Mobilisez-vous pour les femmes que vous aimez», clame la campagne d’information en cours. Un message qui pourrait faire mouche: «Car le fait d’être en couple ou d’avoir des enfants favorise le dépistage», fait remarquer Jérôme Viguier.

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